Beaucoup de remous ont été provoqués par Pingouin (24/04) et les dernières mises à jour de Panda (19/04, 27/04) et certains ont sérieusement envisagé les alternatives à ce bon vieux Google.
Après avoir lu un article à propos de blekko.com, je me suis également prise au jeu et j’ai donc testé ce moteur de recherche pendant quelques jours.
Blekko, c’est quoi?
Ce moteur de recherche, officiellement lancé en novembre 2010, se définit lui-même de façon assez claire ici.
En quelques mots, Blekko se donne pour mission de rendre aux internautes un certain contrôle sur la recherche et de les impliquer dans le processus. Blekko semble partir du constat qu’à l’heure actuelle les « gros » moteurs de recherche se ressemblent dans leur façon de sonder le web, de trier les informations et de présenter les résultats. Et il faudrait que ça change.
Sa ligne éditoriale se résume comme suit :
- Qualité et non quantité;
- Autorité d’une source déterminée par les utilisateurs et pas uniquement les liens;
- Pas de spam;
- Intervention humaine dans la détermination des résultats;
- Ouverture et transparence;
Enfin, pour en terminer avec cette introduction, Blekko a établi son propre Bill of Rights, qui en remet une couche sur l’ouverture, la transparence, l’implication des utilisateurs, l’aspect communautaire et l’absence de spam. On y lit également que Blekko ne violera pas la vie privée de ses utilisateurs (ça reste une entreprise US quand même).
Comment ça marche?
Tout ça c’est bien joli dans les principes mais concrètement ça donne quoi?
La page d’accueil
Quand l’utilisateur lambda arrive sur le site, il tombe sur la fenêtre de recherche et il peut directement commencer à… chercher. Pas de chichis ni tralalas, le fond est blanc, épuré et on se sent tout de suite l’âme d’un sauveur du web en voyant le logo. Des « requêtes du jour » sont également proposées.
La requête
Dans la fenêtre de recherche, tapez ce que vous voulez. Essayons « Diablo 3″ par exemple? (pour les intéressé(e)s, ça sort le 15).
Le premier résultat renvoyé par Blekko est le site de Blizzard, ce qui est, heureusement, assez logique et cohérent. J’avoue par contre être assez déçue quant aux résultats qui suivent. J’aurais aimé avoir autre chose que des sites de power leveling, d’achat d’items en ligne, de cheat, etc. Le site de battle.net, qui permet de jouer à Diablo, n’est pas présent sur la première page (ni dans les trois suivantes), ce qui est assez dommage je trouve.
Et du côté de Google alors? Ca donne : de la pub, les deux ou trois « gros » sites qui font autorité, wikipedia (encore et toujours), de l’actu, et encore quelques sites qui ont l’air assez sérieux. La page 2 présente également deux vidéos.
A ce stade, même si j’aurais aimé pouvoir affirmer le contraire, j’ai l’impression qu’on en apprend plus sur diablo 3 via google que via blekko. Je précise que ma recherche sur Google a été faite sur google.com avec un browser tout propre et mon compte google déconnecté. J’étais également déconnectée de blekko.
D’autres requêtes donneraient peut-être une impression différente?
Ne baissant pas les bras pour si peu, j’essaye autre chose : « the pirates and the scientists ». Il s’agit d’un film d’animation sorti récemment.
Là, Blekko obtient 9/10. Le quatrième résultat de la première page semble être hors sujet (quoi que les mots pirates et scientists se retrouvent ensemble dans les balises titles et h1 et ne sont jamais très éloignés l’un de l’autre dans le texte). Google ne renvoie pas résultat hors sujet, mais wikipedia occupe les deux premières places, ce qui est sans doute un peu inutile.
Donc, bref, jusqu’à présent, j’avoue que je ne vois pas trop l’intérêt…mais on me dit dans l’oreillette qu’il y a…
Le fameux slashtag
C’est quoi ce « slashtag »?
Il s’agit de l’outil de recherche et de classement sur blekko. Un slashtag, en gros, c’est ça : « / ».Tout est bien expliqué ici.
Je n’en ai pas encore parlé car en fait, lorsque l’on arrive sur blekko, on n’en a a priori pas besoin pour effectuer une recherche. C’est-à-dire que vous pouvez entrer n’importe quelle requête sans slashtag, vous obtiendrez des résultats.
En y regardant de plus près cependant, on s’aperçoit que l’usage de cet outil facilite la recherche sur le moteur.
L’annuaire de slashtags
Avant tout, un petit mot là-dessus.
En haut à droite de la fenêtre de résultats, vous verrez apparaître trois liens. Celui du milieu, slashtag directory, vous mènera jusqu’à une sorte d’annuaire de tags. Les tags sont présentés en grandes subdivisions : arts, autos, etc.
Par exemple, cliquer sur « actors » dans « arts » vous mènera à une liste de sites classés manuellement par les « editors » de Blekko. Aujourd’hui, 161 sites composent cette liste. Ce n’est pas énorme me direz-vous? Mais c’est déjà bien plus que nécessaire.
Autre exemple : le tag /games qui se trouve dans la subdivision recreation. Si vous cliquez dessus, vous verrez que cinq autres slashtags y sont associés, dont /videogames. Ce dernier est notamment associé à /game-reviews, qui finalement donne une liste de 50 sites.
Bon, et qu’est-ce que ça change?
Reprenons notre recherche sur Diablo 3 et ajoutons-y ce fameux « / « .
On commence à entrevoir les possibilités du moteur, n’est-ce pas?
Et puisque Diablo 3 est un jeu et que jeu, en anglais, ça se dit « game » (sans blague ;)), mettons un « g » après le « / », juste pour voir…
Voilà, on y arrive. Les catégories principales commençant par « g » s’affichent.
Bon, essayons « Diablo 3 /game-reviews /date ». Blekko devrait donc logiquement ressortir, triées par date, les pages des sites appartenant à la catégorie /game-reviews et parlant de Diablo 3. Voilà ce que ça donne:
Sur 10 résultats de la première page, 9 appartiennent au même site. Et … 9 semblent être complètement hors sujet … Dommage.
En retirant le tri par date, on obtient moins de hors sujet et les résultats sont plus variés.
J’ai testé d’autre slashtags (si vous mettez une autre lettre après le /, vous aurez plein d’autres propositions), et, ô joie, aucun résultat pour diablo 3 /gardening, ou diablo 3 /gastro (j’ai eu peur). Cherchez un peu ces expressions sur Google, vous constaterez la différence.
A quoi sert de proposer des résultats s’ils sont inutiles? Et c’est notamment là que Blekko sort du lot.
Autre exemple :
- Sur Blekko : diablo 3 /wikipedia : 26 résultats (NB: tous sur en.wikipedia.org);
- Sur Google.com: « diablo 3″ site:en.wikipedia.org : 117 résultats;
Les editors et la gestion des slashtags
Pour mettre en oeuvre son système de slashtag, Blekko a besoin d’editors. La section d’aide du moteur y consacre une page d’explications très claires. Les editors sont donc des êtres humains, comme vous et moi, qui scannent le web au moyen de leurs petits yeux et qui décident d’ajouter ou non un site dans telle ou telle catégorie.
Le créateur d’un slashtag en devient automatiquement son éditeur en chef. En tant qu’éditeur en chef d’un slashtag, on a aussi l’opportunité d’inviter un ou plusieurs co-éditeurs qui pourront ajouter ou supprimer des URL (mais pas supprimer le tag).
Afin de conserver une cohérence et de garantir un niveau de qualité élevé, certains slashtags « généraux » sont réservés à des experts désignés par Blekko. Ces experts deviennent éditeurs en chef pour ces slashtags principaux (cfr l’annuaire de slashtags). Quiconque est préalablement inscrit sur Blekko peut postuler pour devenir éditeur d’un slashtag blekko.
/spam
Blekko vous donne également la possibilité de taguer certains sites comme étant du spam. Ces sites n’apparaîtront plus dans vos résultats de recherche.C’est un tag personnel.
SEO
Dans le but de rester transparent, le moteur de recherche offre à ses utilisateurs toute une série de données récoltées par le crawler. A côté de chaque URL de la liste des résultats, vous verrez un petit lien « seo ». Il vous mènera vers une page d’analyse comportant le nombre de liens entrants, les domaines proposant du contenu dupliqué et les statistiques de crawl (dernier crawl, nombre de pages crawlées, domaines co-hébergés, données whois, etc.).
Voici la page de statistiques SEO de eu.blizzard.com :
More
Blekko vous propose également un petit lien « more » pour chaque URL. Ce lien ouvre une petite fenêtre qui vous donne, en fonction des données collectées, accès à plusieurs fonctions :
- Voir la page présente dans le cache
- Rechercher les termes de la requête dans le site lui-même
- Trouver des sites similaires
- Rechercher de l’éventuel duplicate content
- Obtenir une liste des liens entrants
- Voir les sites hébergés à la même adresse IP
- Voir le code source de la page
- Marquer comme spam (il faut être connecté en tant qu’utilisateur)
- Obtenir plus d’info (de wikipedia)
- Attribuer un slashtag personnel à l’URL
Un exemple de boite « more »:
Autres
En vrac :
Lorsque vous connectez votre compte Blekko à votre compte Facebook, vous pouvez utiliser le slashtag /likes pour voir vos propres « likes » et ceux de vos amis. Ce tag est privé. Je ne l’ai pas testé.
A côté des slashtags créés par les editors de Blekko et vous-mêmes, il y a également toute une série de slashtags « algorithmiques » qui vous pemettent de trier et sélectionner l’information voulue. Vous en trouverez la liste dans la section d’aide de Blekko. On y retrouve notamment toutes les fonction SEO citées plus haut dans l’article.
Lorsque votre requête concerne un sujet connu sur wikipedia.org (en.), le moteur de recherche affiche un encart bleu contenant les premières lignes de la page Wikipedia concernée.
En tant que Webmaster, il n’est pas possible de soumettre son site au crawler de Blekko (Scoutjet)
En conclusion
C’était donc mon petit tour de Blekko. Il vaut ce qu’il vaut, sachant ce que j’attends d’un moteur de recherche : simplicité d’utilisation, cohérence, précision, diversité.
Tout ça manque encore un peu de finesse et de complétude au niveau des résultats. Ceux-ci sont bien souvent difficilement identifiables car Blekko semble ne pas se baser sur la description. Soit on n’a pas envie de cliquer du tout, car ça ne ressemble à rien et on n’a aucune idée de quoi il s’agit, soit on clique en pensant avoir trouvé l’info qu’on cherchait, et puis finalement c’est pas vraiment ça.
Des résultats en d’autres langues font également cruellement défaut. A quand un slashtag /french ou /spanish (par exemple) qui permettrait de filtrer les résultats en fonction de sa langue?
Mais…L’idée sous-jacente est excellente et une fois qu’on a compris à quoi sert le slashtag, on parvient à se frayer un chemin dans les résultats.
A nous de nous retrousser les manches (ou, au choix, de nous bouger les fesses) pour créer des slashtags, trier le web et aider le moteur à évoluer.
Car il en vaut la peine.













